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 La Généalogie de Ferrières /  SILVESTRE Jean

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Naissance: 21-04-1889 à Ferrières ( Acte: 1889 11)
Père: SILVESTRE Henri Joseph (1847->1910)
Mère: EVRARD Marie Joseph (1849->1925)
Profession: Prêtre
Décès: 18-01-1945 à Neuengamme - Allemagne

 


Jean Silvestre - curé à Lavoir

                    
                     1- SILVESTRE Jean ((curé à Lavoir))



 


L'abbé Jean Silvestre, curé de Lavoir
                     1- SILVESTRE Jean



 


Ferrières - La Famille Silvestre du Trou

                    Assis, de gauche à droite:
                     1- SILVESTRE Henri Joseph, 2- EVRARD Marie Joseph

                    Debouts, de gauche à droite:
                     1- - -, 2- - -, 3- SILVESTRE Jean Joseph, 4- SILVESTRE Alexandre, 5- SILVESTRE Jean, 6- SILVESTRE Louis, 7- - -

                    Lieu: Le Trou, 19 - Ferrières


                    Date: 1910(+/-1)


                    
                    Camp de concentration de Neuengamme :
                    Dernière demeure de l'abbé Jean Silvestre
                    
                    Jean SILVESTRE était le fils de Henri SILVESTRE et Marie-Joseph EVRARD, laquelle était fille de Thomas EVRARD.
                    Il voit le jour à Ferrières en avril 1889. Lors de la première guerre mondiale, il est vicaire à Hollogne-aux-Pierres, puis à Soumagne et à Celles en 1923. Son sacerdoce le conduit ensuite au Brésil en qualité de missionnaire. Il revient au pays et est par la suite professeur au Petit Sémlnaire de Saint-Roch. En 1936, il est désigné comme curé à Lavoir. Il fut un des premiers de la région à soutenir la solidarité au profit des familles des déportés et fusillés de la résistance. Puis son presbytère abrita des réfractaires, des chefs de la résistance, on y tint des réunions secrètes la brigade du Secteur F y complota des raids contre l'occupant, des milliers de journaux, des tracts y furent entreposés ainsi que d'autre matériel de la résistance et notamment des munitions. Il connaissait les risques, les tortures qu'il pouvait affronter.
                    
                    Il s'offrit à héberger des soldats russes, mais on refusa, la situation étant déjà très compromise. Il les aida quand même en leur envoyant des vivres et des dictionnaires russes. En mai 44, naquit un nouveau mouvement, les Milices Patriotiques, dont il fut nommé aumônier. Le commandant s'établit en son presbytère et celui-ci fut dès lors connu comme assise de l'Etat-Major du secteur. C'était à nouveau de son domicile que se dispersaient dans les sections environnantes les ordres de sabotage, les milliers de directives, de journaux, de tracts et de matériel clandestin. Un aviateur américain destiné à être hébergé dans le secteur séjourne chez lui une quinzaine de jours pour ensuite être expédié ailleurs à la suite de l'arrestation d'un employé de l'Etat-Major séjournant au presbytère. L'abbé redouble de précautions... mais le 19 août 1944, l' épopée tourne à la tragédie. Des coups de feu éclatent dans le village. Le lieutenant SECRETIN, commandant le groupe de guérilla de l'Armée Secrète, vient rejoindre le prêtre au presbytère, suivi de la soldatesque prussienne. Dans la sacristie assez sombre, gît l'héroïque officier, agonisant aux pieds de l'abbé SILVESTRE qui lui administre les derniers sacrements. Mais les deux héros sont découverts et tandis que les Allemands hurlaient de rage, le prêtre trace tranquillement la dernière bénédiction
                    Rituelle. Pris ainsi sur le fait, l'abbé SILVESTRE est conduit à la prison St-Léonard à Liège. La suite, ce furent les tortures... l'exil en Allemagne et son affreux destin dans les camps de concentration.
                    
                    Josse ALZIN (1), dans son Martyrologe 40-45 " Le calvaire et la mort de 80 prêtres belges et luxembourgeois " s'adresse en ces termes à son malheureux compagnon :
                    
                    " Au camp de concentration de Neuengamme, les galériens qui travaillent avec vous prenaient votre pic ou votre pelle pour que vous puissiez souffler un peu. Mais le mal multiple - lassitude, faim, froid, dysenterie - vous ruina de plus en plus rapidement. Bon vieux curé SILVESTRE, souvenez-vous. Un jour, nous étions au travail au Kommando SCHINLER. Vous, à cause de vos crampes d'estomac et d'intestins, vous fûtes obligé de vous asseoir, puis de vous laisser écrouler à terre, abrité un peu sous une énorme cuve renversée de fer rouillé. Il neigeait. Une neige allemande, pesante, mêlée de pluie forte, de gros flocons grisâtres qui évoluaient peu dans l'air et s'empressaient de faire de la boue sous nos pieds. L'air était humide et glacé. On est venu vous rouer de coups et vous traîner au travail. Vous gémissiez sourdement. Un autre jour, non loin de moi, vous avez remué la lourde terre allemande au bord des bois pour creuser, avec d'autres forçats par centaines, d'inutiles fossés anti-chars. Et je vous ai vu, entre deux coups de pioche dans la glaise, donner des bouts de pain sec - ces trésors - à des compagnons. Ce geste, là-bas, c'était de l'héroïsme. Puis, je vous ai perdu de vue jusqu'à décembre. Nous avions préparé la Noël ensemble. C'était à l'infirmerie de la prison d'Ohisdorf. Je n'ai pu vous faire qu'une brève visite clandestine. "Je ne sais plus prier" gémissiez-vous ! Des étourdissements, des vomissements, des douleurs térébrantes dans les tempes, une cécité et une surdité qui devenaient presque totales. Vous m'avez dit, avant l'adieu "J'ai fait le sacrifice de ma vie et depuis lors, je suis tranquille". Quelques jours après, j'ai appris qu'on vous avait transporté à Neuengamme avec quelques autres, puis en janvier, je connus votre mort qui venait de survenir au milieu de Russes et de Polonais " .
                    Marie-José Silvestre nous a précisé que le corps de son oncle Jean n'a jamais été retrouvé.
                    A-t-il été brûlé ? jeté dans une fosse commune ? Ses bourreaux ont emporté leur secret...
                    
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                    Extraits de l'éloge funèbre prononcé le 8 octobre 1945, à Lavoir, à l'occasion d'une messe solennelle célébrée à la mémoire de l'abbé SILVESTRE, messe suivis de l'inauguration d'une plaque commémorative.
                    
                    Texte complet du discours prononcé en cette occasion :
                    
                    Mesdames, Messieurs
                    
                    " Nous sommes réunis aujourd'hui pour honorer comme il convient la mémoire de la barbarie allemande, d'un soldat de la Résistance, d'un prêtre victime de son devoir, d'un de ceux là qui nous firent meilleurs et plus grands, Monsieur l'abbé SILVESTRE, regretté curé de la paroisse de Lavoir et ex-aumônier du 2e régiment de nos milices patriotiques, sous-secteur F-RII ; auquel j'apporte ici un solennel hommage au nom de l'état-major régional.
                    
                     Lorsque nous rencontrâmes ce prêtre, au début de l'occupation, il nous démontra au cours d'une conversation, avec une éloquence à la fois sympathique et facile, qu'au dessus d'une sécurité fallacieuse et qui ne pouvait être que passagère, il y avait la Patrie crucifiée et plus haut qu'elle, l'humanité qui ne pouvait à cause d'une seule bataille perdue, accepter de mourir.
                    
                     Nous comprîmes que nous pouvions compter sur ce Belge ; un ami du Service de Renseignement britannique confirma notre opinion. Nous connûmes bientôt sa générosité spontanée et discrète ; sa magnifique abnégation et sa simple modestie. Quoique peu fortuné, il fut un des premiers de la région à soutenir Solidarité au profit des familles des déportés et fusillés de la Résistance.
                    
                     Puis son presbytère abrita des réfractaires, des chefs de la résistance ; on y tint des réunions secrètes ; la brigade du secteur F y complota des raids contre l'occupant ; des milliers de journaux, de tracts y furent entreposés ainsi que d'autre matériel de la résistance et notamment des munitions. Il connaissait les risques, les tortures qu'il affrontait, mais lorsque nous lui faisions remarquer, il nous répondait avec un calme imperturbable : " Notre Seigneur Jésus-Christ l'a fait avant moi ".
                    
                     Nous ne pouvons énumérer tous les services qu'il a rendus pour secourir et aider les " illégaux " ; il s'offrit même à héberger des soldats russes ; mais sa situation étant très compromise, nous ne pûmes accepter, il les aida quand même en leur envoyant des vivres et des dictionnaires russes.
                    
                     En mai 1944, un nouveau groupement de combat naquit, les Milices Patriotiques qui devaient participer à la libération nationale. Pour récompenser l'abbé Silvestre de ses services, sur proposition du commandant du 2e régiment, nous le nommâmes aumônier de ce régiment. Le commandant s'établit en son presbytère, celui-ci fut alors connu comme assise de l'Etat-Major du secteur et Monsieur le Curé transmettait fidèlement les ordres au commandant du régiment.
                    
                     C'était à nouveau de son domicile que se dispersaient dans les sections environnantes, les ordres de sabotage, les milliers de directives de journeaux, de tracts et le matériel clandestin.
                    
                     Un aviateur américain destiné à être hébergé dans le secteur passa chez lui : il ne voulut pas d'en séparer. L'aviateur y demeurât une quinzaine de jours et dut être expédié ailleurs, à la suite de l'arrestation d'un employé d'état-major séjournant au presbytère.
                    
                     Il fut stupéfié de cette arrestation et craignit dès lors pour sa sécurité. Il redoubla de précautions. Puis ce fut la tragique épopée du 19 août 1944. Des coups de feu claquent dans le village. Notre aumônier s'informe chez un voisin ; prévoyant un massacre répréhensif dans la commune, il dit : " Je ne vois plus qu'une chose à faire, je vais prier pour sauver la paroisse ". Et tandis que la population affolée fuyait à travers champs, il se dirigea calmement vers l'église pour demander la protection de Dieu sur ses chers paroissiens.
                    
                     Le lieutenant Séverin, commandant le Groupe de guérilla de l'armée secrète, vint l'y rejoindre, mortellement blessé, bientôt suivi par la soldatesque ennemie. Dans la sacristie assez sombre gisait l'héroïque, agonisant aux pieds de l'Abbé Silvestre qui lui administrait les derniers sacrements. Mais les deux héros furent découverts et tandis que les allemands hurlaient de rage, le prêtre traçait calmement la dernière bénédiction rituelle.
                    
                     Puis ce fut l'exode, le bagne horrible, Buchenwald, Neuengamme, les horreurs d'une captivité inhumaine ; puis hélas, après les longs mois d'attente et d'espoir, il nous faut admettre la cruelle vérité, notre ami est mort ...
                    
                     Dans quelles conditions mystérieuses est-il mort, comme tant de ces martyrs que l'amour des hommes commande que soit entretenue leur mémoire ?
                    
                     Nous ne vous oublierons jamais, martyr auréolé du devoir. Votre idéal était splendide, inclinant vers l'infini, votre rêve de compréhension et d'amour de tous les peuples, ce rêve vertigineux et sublîme de tous ceux qui voudraient déclouer le Christ.
                    
                     Toute votre ferveur brûlante, vous la mettiez aux pieds de la Patrie ensanglantée, toute votre obstination calme, réfléchie, farouche, vous la tendiez comme un hostensoir, à la Patrie déchirée.
                    
                     Vous êtes l'honneur incarné et c'est grâce à vous, cher aumônier et c'est grâce à vos pareils que l'histoire ne jettera pas avec dégoût sur le fumier de la honte, notre époque écoeurante de promiscuité, d'abjection et d'infamie. Car votre mort fut une victoire, une victoire héroïque sur l'énorme lâcheté de ceux qui n'osèrent pas servir la Patrie de ceux-là, qui naguère engourdis dans la torpeur d'un odieux attentisme bafouent aujourd'hui les meilleurs d'entre nous.
                    
                     Cette plaque preuve incontestable de la profonde sympathie que vous témoignaient toute la population de Lavoir ainsi que vos chers compagnons de combat ; rappellera aux vivants que vous êtes mort, en héros, lâchement assassiné par les monstres nazis.
                    
                     Vos camarades qui vous aimaient et vous admiraient sont navrés et meurtris ; ils s'inclinent pieusement devant votre martyre et votre oeuvre et s'inclinent aussi avec respect devant la douleur de votre chère famille.
                    
                     Puisse votre impérissable gloire, animer notre jeunesse qui a appris au dur contact de cette guerre que la vie dans courage et sans fierté ne vaut pas d'être vécue. "
                    
                    
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                    L'EMBUSCADE DE LAVOIR
                    
                    Le 19 août 1944, la Résistance prépare une attaque contre un convoi de plus ou moins cinquante camions, chargés de carburant et stationnés à Lavoir.
                    Un groupe de Résistants, sous le commandement d'Aramis, prend position aux alentours de la Place Payât. Des hommes se postent entre le pont et le talus de la maison d'Arthur Marique ", d'autres s'embusquent " Aux Travaux " (lieu-dit). Ils attendent des renforts qui doivent venir de Couthuin.
                    
                    Pendant ces préparatifs, Berthe Bolly (dite : Poldine) voit deux Allemands qui montent, en se promenant, vers le lieu-dit "Aux Travaux ", d'autres se reposent, se lavent ou se restaurent. Comme convenu entre-eux, Poldine prévient le lieutenant Séverin qui habite ce quartier. Celui-ci enjoint Poldine à rentrer chez-elle, il descend, en salopette bleue, et ... ouvre le feu sur une sentinelle. Pourquoi ? Nul ne le sait.
                    
                    Dès cet instant, tout va aller très vite. Les Allemands ouvrent le feu sur Séverin qui est fauché près de la grange. Les Résistants postés à cet endroit tirent à leur tour, empêchant les soldats allemands de se lancer à la poursuite de Séverin.
                    
                    Témoin des faits, l'épouse du Lieutenant Séverin va chercher Joséphine Gérard, sa voisine. Avec la charrette à bras des parents de Joséphine, elles descendent chercher le blessé. Elles le chargent sur la charrette et remontent " Aux Travaux ". Par les hauteurs, les deux femmes conduisent le blessé à l'église. Arrivé au pied de la rampe menant à l'église, Joséphine rentre chez elle (sa maman hurle de terreur et lui demande de rentrer). Le curé Sylvestre prend la relève et aide à son tour l'épouse du blessé.
                    
                    Les Allemands s'organisent et menacent les Résistants qui se retirent et se sauvent vers la campagne (En se sauvant, les Résistants rencontrent le camion qui transporte les renforts. Celui-ci fait demi-tour vers Couthuin. Les habitants de Lavoir se posent toujours la question suivante : " Si les renforts étaient arrivés à temps, le combat aurait été encore plus meurtrier (2 Résistants et 6 Allemands tués). En représailles les troupes allemandes n'auraient-elles pas rasé le village ? )
                    
                    Les soldats arrivent alors " Aux Travaux ". Dans la maison de Séverin, ils découvrent des armes et un poste émetteur. En représailles ils boutent le feu à la maison.
                    
                    Pendant la fusillade, Poldine est rentrée chez elle et se cache à la cave. Un blessé allemand la somme de remonter, il lui faut des ciseaux. Poldine découpe le dessus de l'épaule et découvre une vilaine blessure, l'épaule du blessé est arrachée !
                    
                    Voyant le docteur Beaujean soigner les blessés allemands, Poldine s'en approche et lui signale qu'il y a Résistant blessé à l'église. Peu après le docteur s y rend. Entre-temps, l'épouse de Severin aidée par Poldine, montent un matelas à l'église.
                    
                    Le curé Sylvestre continue à cacher le lieutenant dans la sacristie. Nonobstant la mise en garde du docteur Beaujean, appelé sur les lieux, qui veut le transférer dans l'église, car il va mourir, le curé continue à cacher le blessé dans la sacristie.
                    
                    Les Allemands arrêtent le curé Jean Sylvestre pour complicité. Il est ensuite déporté en Allemagne où il meurt, au camp de Neuengamme, le 18 janvier 1945.
                    Les occupants obligent les autorités communales à enterrer, le lendemain, le Lieutenant Severin, dans un cercueil en bois blanc. Personne ne peut assister aux funérailles. Ce sont Fernand Mathieu (bourgmestre), Charles Courtoy (secrétaire communal), Julien Thonet (receveur communal) et Joseph Catoul (conseiller communal) qui portent le cercueil jusqu'au cimetière.
                    Les hommes postés près du pont ont filé en abandonnant leurs armes. Celles-ci sont récupérées par Fernand Mathieu, il les cache chez lui, sous un plancher.
                    
                    
                    
                    
                    
 


Eglise de Lavoir - vue de l'Eglise
                     1- SILVESTRE Jean

                    Date: 14-08-2008


 


Eglise de Lavoir - Entrée de l'Eglise
                     1- SILVESTRE Jean

                    Date: 14-08-2008


 


Eglise de Lavoir - Plaque commémorative du curé Jean SIlvestre
                     1- SILVESTRE Jean

                    Date: 14-08-2008






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